Édito, janvier 2020

Billet de Mgr Ballot, Église en Savoie

« C’est maintenant. »

« C’est le moment, l’heure est venue, de sortir de votre sommeil. Car le Salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants » (Rm 13,11). Cet extrait de l’épître aux Romains a été lu et entendu durant le temps de l’Avent, Paul poursuit en évoquant le combat de la lumière. « Cela est vrai pour nous aujourd’hui » commentait une personne en lisant ce verset 11. « Oui, le Salut s’approche sans cesse de nous » ajoutait-t-elle. Ce commentaire m’a paru tout à fait pertinent, nous invitant à comprendre le temps dans lequel nous vivons avec une réelle espérance.

« Lumière pour l’homme aujourd’hui qui vient depuis que sur la terre il est un pauvre qui t’espère (…) Semence éternelle en mon corps, vivante en moi plus que moi-même depuis le temps de mon baptême  », avons-nous pu chanter dans une hymne du même temps liturgique.

Nous vivons, en effet, dans un temps habité par la présence de Dieu et «  travaillé » par Lui. Nous l’avons célébré à Noël en affirmant que Dieu était au milieu de nous, avec nous. Cette perspective nous invite à comprendre le temps que nous vivons d’une manière particulière. Mère Marie, abbesse de la communauté des sœurs bénédictines de Saint Joseph de la Rochette, à Belmont-Tramonet, l’a en quelque sorte fait goûter et davantage percevoir, aux prêtres et aux diacres, au cours d’une récollection durant le temps de l’Avent. De manière judicieuse, elle a tout d’abord rappelé que le temps est « ce que nous avons de plus précieux et peut-être ce qu’il y a de plus galvaudé » et de citer quelques expressions dans lesquelles le mot « temps » est employé couramment : perdre du temps, perdre son temps, gagner du temps, le temps c’est de l’argent… comme si le temps était un objet, un produit. Le temps est supérieur à l’espace, dit très souvent le Pape François, parce que le temps ouvre sur « le possible de Dieu ». « Le temps ouvre sur du nouveau, sur l’inconnu, invitant à la dé-maîtrise », commentait Mère Marie. C’est le temps du Salut. Le « Maintenant » du Salut.

J’ai pensé à un extrait de la constitution " Gaudium et Spes", du concile Vatican II, l’Eglise dans le monde de ce temps : « Ainsi les derniers temps sont arrivés pour nous. Le renouvellement du monde est irrévocablement établi et se trouve anticipé en ce monde d’une manière déjà réelle. En effet, déjà sur terre, l’Eglise rayonne d’une sainteté véritable, quoiqu’inachevée », cette Eglise blessée qui doit toujours être purifiée. « Le temps est une école de patience, d’endurance et de persévérance » ajoutait Mère Marie.

C’est avec toute cette réflexion que je commence résolument la nouvelle année et mes souhaits auront cette coloration : le temps habité et travaillé par la présence de Dieu. Je souhaite en effet que nous soyons nombreux à nous rappeler ou à découvrir que nous sommes dans un temps où Dieu se rapproche de nous. Il vient habiter et renouveler le plus profond des cœurs, il vient transformer toutes nos relations les uns aux autres et celles que nous avons au monde qui nous entoure. Le renouvellement du monde est irrévocablement établi. Que chacun puisse donc décider de choisir les comportements qui s’inscrivent dans ce renouvellement ! Dans tous les domaines de sa vie ! Tels sont mes souhaits pour 2020.

21 janvier 2020, mis à jour le 6 mars 2020