Édito, septembre 2019

Billet de Mgr Ballot, Église en Savoie

« Les prêtres… »

Au mois de juin dernier, lorsque les bilans et les évaluations de l’année pastorale se faisaient, que se préparait l’année suivante, joie et peine se rejoignaient de manière inattendue. Le Père Pierre Viale, ancien vicaire général et administrateur diocésain (deux fois) mourait subitement. Quelques jours après ses obsèques, Guillaume et Loïc étaient ordonnés prêtres. Durant le temps qui a séparé ces deux événements, j’étais à l’abbaye Notre-Dame de Tamié avec une quinzaine de prêtres, suivant une retraite prêchée par frère Marco. Étonnante semaine !
En même temps qu’était rappelée la fragilité de nos existences et donc de ce que nous prévoyons, décidons et faisons, nous étions invités à regarder l’avenir avec confiance. Pierre s’en va, Loïc et Guillaume arrivent. C’est alors dans la foi et l’espérance qu’avec les paroisses que desservaient Pierre j’ai dû regarder la fin de l’année pastorale, juillet et août, et envisager l’année suivante. La vie reste vraiment mystérieuse.
Puis au mois d’août, le pape François s’est adressé à tous les prêtres du monde entier en leur faisant parvenir une lettre. Le pape précise : « je veux vous écrire cette lettre en sa fête (du Curé d’Ars), non seulement aux curés, mais aussi à vous tous, frères prêtres qui, sans faire de bruit, « quittez » tout pour vous engager dans la vie quotidienne de vos communautés. (…) »
Le pape, rappelant sa préoccupation, manifestée aux évêques italiens, devant la situation de prêtres qui peuvent se sentir « ridiculisés et ‘culpabilisés’ » en raison de crimes qu’ils n’ont pas commis » et dont l’actualité nous a décrit et décrit encore les conséquences dramatiques sur de nombreuses personnes, met en lumière le « oui » prononcé par chaque prêtre le jour de son ordination. « Un jour, nous avons prononcé un « oui » qui est né et a grandi au sein d’une communauté chrétienne grâce à ces saints « de la porte d’à côté » qui nous ont montré avec une foi simple qu’il valait la peine de tout donner pour le Seigneur et pour son Royaume ».
C’est cette place du prêtre, frère au milieu des frères, pasteur au service de la communauté, qui nous vient à l’esprit et qui rejaillit dans les coeurs quand nous évoquons Pierre, Loïc, Guillaume. Et dans le diocèse au milieu, avec, derrière, devant…. l’évêque comme « un frère aîné » écrit le pape. Il nous avait tous interrogés, l’année passée, en adressant une lettre au peuple de Dieu, condamnant avec force toute forme de cléricalisme, aujourd’hui il nous invite, avec nos prêtres, à nous remettre tous dans la peau du « disciple missionnaire ». Je dis bien « tous » car, même si nous sommes faibles, usés par l’âge, malades, voyant les forces physiques et intellectuelles diminuer, parfois même démoralisés, chacun peut demeurer disciple (attaché au Christ) et missionnaire (toujours orienté vers l’annonce de l’Évangile).
Chacun l’est à sa manière. Tel prêtre ou laïc qui vont rencontrer plusieurs fois les familles qui ont baptisé un enfant il y a quelques années, reprenant alors une relation fraternelle avec elles et invitant à la catéchèse. C’est une invitation à un parcours Alpha proposée à un collègue de travail. Une invitation au dimanche fraternel, au samedi pour la foi, à une soirée-ciné ou détente dans le cadre de l’action catholique ou d’une aumônerie, permettant de rejoindre ceux qui ne fréquentent pas ou plus nos églises. C’est saluer et échanger quelques mots avec les jeunes que l’on voit tous les soirs sur la place du village….
Souhaitons-nous donc les uns aux autres une belle année pastorale et avec le pape invitons nos
prêtres à « laisser la gratitude susciter la louange » et sachons « les encourager une fois encore
dans la mission de consacrer leurs frères dans l’espérance. Etre des hommes qui témoignent
par leur vie de la compassion et de la miséricorde que Jésus seul peut nous offrir. »
Ensemble, prêtres, diacres, religieux et religieuses, laïcs soutenons-nous dans l’espérance qui
ne déçoit pas… (Rm 5, 5) ! Que cela s’entende dans nos paroles, se voie dans nos attitudes, se
goûte dans l’amour fraternel qui nous habite, et au-delà des limites de nos communautés !

12 novembre 2019, mis à jour le 6 mars 2020