Présentation des orientations

Présentation des orientations pastorales de Mgr Philippe Ballot : aller vers - cheminer avec - Annoncer Jésus-Christ.

« Si l’on vous interroge, ne vous contenter pas de répondre : je suis chrétien, ou même de le chanter, mais vivez de telle sorte
que l’on puisse ajouter qu’on a vu un homme qui aime Dieu et son prochain de tout son cœur. »
Sermon de St François de Sales, 6 décembre 1620

La création des nouvelles paroisses est une occasion d’un élan missionnaire. Je l’exprime à partir de trois expressions que j’ai retirées des réflexions avec prêtres et laïcs, dans le cadre du Conseil Diocésain de Pastorale (CDP) : “aller vers”, “cheminer avec”, “annoncer”. Il s’agit vraiment d’attitudes fondamentales qui invitent à aborder et vivre les situations, les démarches, les initiatives pas uniquement sous le mode organisationnel. Il ne s’agit pas d’ajouter des réunions mais parfois de les vivre autrement. Le Projet Global de Catéchèse des diocèses de Savoie, promulgué à Albertville lors du rassemblement « Parole en fête » le 2 mai 2010, doit pouvoir nous y aider.

ALLER VERS

“Aller vers” : il s’agit pour chacun, dans la responsabilité de témoin qui est la sienne, de rejoindre les personnes qui nous entourent, nos contemporains. 

Il ne s’agit donc pas d’attendre simplement qu’elles viennent là où nous souhaitons les rencontrer : à une permanence, à la messe, à telle ou telle réunion, mais de leur parler là où la vie nous les fait rencontrer, physiquement ou par les moyens de communication modernes (internet, portables…). C’est prendre conscience de ces lieux de rencontre et les identifier. 

On m’a souvent cité la sortie des écoles comme lieu où les familles se rencontrent et où la proposition de la catéchèse est faite aux parents mais je pense aussi à telle personne prenant le temps de se rendre dans chaque maison du quartier pour informer de la reprise de la catéchèse, en échangeant avec les parents, en créant des liens.

Je pense à telle paroisse, sollicitant des personnes nouvelles, jeunes pour un certain nombre d’entre elles, pour remettre l’enveloppe du denier de l’Église ou le journal paroissial à une dizaine de familles d’un quartier ou d’une rue. Ces personnes étaient étonnées que l’Église ait pu penser à elle pour ce service.

Je pense à telle communauté locale qui, avec les élus, a trouvé des bénévoles afin de tenir une permanence à l’église pour qu’elle reste ouverte et qui souhaitent permettre aux enfants, familles du village de mieux la connaître et de s’y rendre pour un temps de silence personnel, de recueillement, de repos… pour prier seul ou avec d’autres quand on est croyant…

Je pense à cette paroisse qui va vers les passants le soir de la fête de la musique pour chanter la foi au Christ et les inviter à entrer dans l’église devant laquelle ils passent tous les jours…

“Aller vers”, c’est vivre les démarches habituelles ou nouvelles en sachant que l’on veut d’abord rencontrer l’autre et lui signifier qu’il compte dans ma vie, qu’il compte pour Dieu. C’est ainsi que j’ai voulu rendre visite aux femmes salariées qui se retrouvaient tous les dimanches depuis 9 mois devant un supermarché pour leur dire que leur désir de réserver le dimanche à la famille, à la détente, à la rencontre, à la messe et à la communauté paroissiale, rejoignait le souhait des évêques de France et de l’Église.

« Aller vers », c’est finalement se faire proche de l’humanité des personnes, de celles qui souffrent en particulier, de celles qui sont seules.

CHEMINER AVEC

“Cheminer avec" : il s’agit de prendre le temps de signifier qu’on reste en contact avec la personne. 

Cela ne s’exprime pas nécessairement et obligatoirement par les rencontres physiques, cela s’exprime aussi quand on envoie un message par internet à l’occasion d’un événement, quand on envoie une newsletter, quand on partage telle ou telle réflexion. 

“Cheminer avec” c’est en réalité ne pas oublier celle ou celui qu’on a rencontré. C’est être attentif à ce qu’il vit, c’est entretenir une relation amicale. 

Tout naturellement viennent alors à l’esprit telles ou telles invitations par lesquelles nous signifions à la personne que nous serions heureux qu’elle soit présente avec nous. Nous ne proposons pas quelque chose comme si nous étions un prestataire de service qui offre un produit, qu’il estime bon pour la personne, qu’il a préparé pour elle, comme s’il l’invitait à consommer encore, au risque d’être déçu, ou de se culpabiliser si elle décline l’offre. 

Quelquefois nous sommes tentés de faire “pour” alors qu’il faut être “avec”, faire “avec”. En « faisant pour », trop souvent nous risquons de créer une autre relation entre les personnes, les mettant en réalité à distance l’une de l’autre, car nous semblons dire à celui auquel nous nous adressons que cela ne nous concerne pas directement mais essentiellement lui, sans montrer suffisamment que nous sommes autant intéressés et impliqués qu’il pourrait l’être, que nous serions heureux d’être ensemble avec lui.

Aujourd’hui, les personnes ont besoin de savoir qu’elles comptent pour nous. Il faut que nous sachions inventer des services de la paroisse qui consistent à entretenir les liens noués à l’occasion d’un dimanche, d’un sacrement, d’une réunion, en particulier avec les étrangers qui sont souvent seuls.

ANNONCER JÉSUS-CHRIST

"Annoncer” : Il s’agit de ne pas hésiter à dire qui nous sommes, ni au nom de qui nous agissons, sans avoir fait un préalable à la rencontre. 

Les personnes autour de nous ont besoin que nous leur disions que nous sommes chrétiens. Les occasions sont nombreuses au cours desquelles nous pouvons décliner notre identité chrétienne ou la faire découvrir, car toute relation, tout contact, toute situation nous interpelle en tant que chrétiens. Dans ce sens, une première annonce est toujours possible : nous pourrions reprendre la réflexion que l’on attribue à sainte Bernadette pour que nous soyons audacieux : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire ».

Dans cette logique missionnaire, le Projet Global Diocésain de Catéchèse (PGDC) nous invite à un chemin d’initiation pour les baptisés comme pour les non baptisés, en osant une première annonce. Nous avons besoin de paroissiens enracinés dans leur baptême et leur confirmation, capables de faire des choix de vie en harmonie avec leur foi, dans une logique du service et du don, souvent en distance avec la logique de la société. Initiés au mystère pascal, ces baptisés sont ainsi aptes à oser faire une première annonce à ceux qu’ils rencontrent : « Tu es aimé de Dieu. Le Christ est mort et ressuscité pour toi… »

La remise du livret de l’Évangile de l’année peut être une occasion de s’enraciner dans l’Évangile par l’écoute de la Parole de Dieu qui construit et reconstruit les existences.

Le Centre spirituel de Myans, sanctuaire diocésain, est un lieu proposant cet enracinement spirituel de nos activités pastorales : formation, retraite, recollection …

Les rendez-vous de la solidarité et les relais de solidarité dans les doyennés sont des occasions de rencontre où une première annonce peut être faite au contact de tous ceux que la société et les manières de vivre aujourd’hui fragilisent.

17 janvier 2020, mis à jour le 9 mars 2020